Lutter contre les violences
Le shiatsu, une aide pour se retrouver


Lutter contre les violences
Lutter contre les violences

 

10 ans, plus de 10 ans de violences physiques et psychologiques… Je me souviens du jour où Jeanne* a poussé la porte de mon cabinet de shiatsu.

 

Elle s’est assise et dans un souffle, elle m’a tracé les grandes lignes de ses longues années de souffrance. Si elle était avec courage, sortie de cet enfer, elle avait depuis l’impression de ne plus avancer, d’être perdue. Elle m’a dit ce qu’elle souhaitait, ce qui lui paraissait important que je sache avant de poser les mains sur son corps.

 

Au moment de s’installer sur la table de massage, elle était rassurée par le fait de rester habillée. Dès les premières pressions sur son dos, elle s’est exclamée « je ne me souvenais plus que j’avais un dos ! ». Ça l’a fait sourire et en même temps, elle était très étonnée de se rendre compte qu’elle ne savait plus écouter son propre corps.

 

Quand mes mains se sont posées sur son ventre, même sans pression, cette zone était sensible et dur, un véritable bouclier. Nous avons décidé ensemble d’y aller en douceur et de reporter le travail sur le ventre à la prochaine séance. A la fin de ce premier shiatsu, elle était surprise de sentir à nouveau son corps, sans douleurs, avec moins de tensions, plus léger.

 

Nous avions convenu d’un nouveau rendez-vous quelques semaines plus tard. Elle a préféré avancer la date parce qu’elle sentait, sans trop savoir quoi, qu’il se passait quelque chose. Avec des pressions douces et peu profondes, son ventre a commencé à se libérer et en même temps, Jeanne s’est mise à pleurer. Des grosses larmes roulaient sur ses joues, elle était très étonnée, incapable de se souvenir de la dernière fois qu’elle avait pleuré. Ce jour-là, elle est repartie fatiguée et soulagée, pleurer lui a fait beaucoup de bien.

 

Peu à peu, au fil des séances, son corps s’est détendu, en travaillant en parallèle avec une psychologue, elle avance à son rythme pour se libérer du poids de ces années. Le shiatsu nécessite de la confiance et je remercie Jeanne pour celle qu’elle m’a témoignée en me permettant de l’accompagner.

 

Si j’ai choisi de vous parler de l’histoire de Jeanne aujourd’hui, c’est parce que vous êtes nombreux, femme, enfant et homme à vivre des histoires similaires. Il existe des associations, des numéros (119 pour les enfants, 3919…) pour vous soutenir. Je vous invite à partager en commentaire de cet article, les soutiens, les aides que vous avez utilisé, que vous connaissez pour aider ceux qui en ont besoin

 

*le prénom a été changé

Soyez le premier à réagir !