Votre colère, votre alliée
Et si elle était là pour vous aider


Votre colère, votre alliée
Votre colère, votre alliée

 

Votre respiration s'accélère, vos mains se serrent et vos mâchoires se crispent. Vos traits se durcissent, vos sourcils se froncent et vos yeux deviennent noirs. Vous avez une forte envie de crier, de sortir une flopée de jurons ?

 

A n’en pas douter, ce sont bien les signes physique de la colère. Sans en arriver à la transformation spectaculaire de Hulk, cette émotion intense change votre apparence. 

 

Une émotion qui a mauvaise presse

Si vous connaissez Star Wars, vous savez que l’émotion utilisée pour faire basculer les Jedi du côté obscur, c’est la colère. C’est elle qui leur fait perdre pied, les met en opposition avec l’amour et la bienveillance. Les exemples de ce type sont nombreux dans le cinéma comme dans la littérature, la colère est présentée comme une puissance noire, destructrice. 

 

Elle est souvent perçue comme dangereuse, capable de transformer n’importe qui en monstre. Ce serait une émotion négative, qu’il ne faut pas ressentir sous peine d’être incontrôlable. C’est une vision un peu étroite de la colère je trouve. Qu’en pensez-vous ?

 

Pourquoi est-ce qu’il existerait des bonnes et des mauvaises émotions ? Pourquoi certaines ne devraient pas être ressenties, seraient tabou ?

 

Et pourtant elle vous veut du bien

Je vous invite à voir les choses sous un autre angle. Et si vous arrêtiez de craindre la colère ? Elle vous signale une frustration, vous alerte sur quelque chose qui vous blesse, sur un danger. 

 

La colère prépare votre corps à réagir vite, d’où les manifestations physiques que vous ressentez. Elle met votre corps en état d’alerte en perspective d’une réaction rapide, elle fait monter votre énergie pour vous préparer à vous battre ou à fuir. Votre colère se manifeste pour vous protéger d’une menace, d’une injustice.

 

Souvenez-vous de la dernière fois que vous vous êtes senti en colère. 

Que s’est -il passé ? Qu’est-ce que qui a provoqué cette réaction en vous ? Est-ce une parole qui vous a blessé, une situation que vous avez trouvé injuste ? Il est important de comprendre ce qui fait naître cette émotion en vous afin d’en faire votre alliée.

 

Anna* travaille avec des enfants, elle se sent en colère en permanence et grogne sur ses collègues régulièrement. Elle vient me voir parce qu’elle en a assez d’être comme cela. En l’aidant à faire le tri, elle comprend que sa colère est légitime parce qu’elle ne supporte pas  l’injustice de ce que vivent certains d’entre eux. Tant mieux si elle est en colère, cela veut dire qu’elle ne se résigne pas.

 

C’est sa manière d’exprimer, de vivre sa colère qui ne va pas, s’énerver contre tout et n’importe qui ne l’aide pas. Sa colère est juste, pas la manière dont elle l’exprime. 

 

Comprenez là pour mieux la vivre

La prochaine fois que vous la sentez monter, autorisez-vous à l’exprimer de manière respectueuse. Vous pouvez très bien dire, “je me sens en colère quand tu me dis cela parce que ce n’est pas juste/vrai.” En exprimant ce que vous ressentez, vous identifiez le problème et vous commencez à évacuer ce trop plein émotionnel de manière correcte, sans agresser personne.

 

Je vous entends murmurer que c’est utopique, que quand on est en colère on explose et c’est tout. Vous avez le choix, celui de réagir autrement quand vous sentez les premiers signes de colère monter. Moi, je sais très bien que le premier signe de colère que je ressens, ce sont mes yeux qui deviennent noirs. Quand je les sens changer, je m’interroge sur ce qui me fait réagir, ce qui m’agresse.  Identifier le premier signe de colère est important pour adapter votre comportement. Et vous, c’est quoi votre premier signe de colère ?

 

Que faites-vous de votre colère ? 

Il arrive que votre colère ne puisse pas être verbalisée, que les mots ne soient pas la réponse. Acceptez-là et allez crier au fond de votre jardin, dans votre salle de bain, peu importe en criant vous libérer ce trop plein et dans un second temps, comprenez pourquoi elle s’est manifestée, ce qu’elle vient vous dire.

 

Ressentir de la colère est donc normal et salutaire. Ce qui pose problème, c’est quand les limites sont dépassées.

 

Par exemple, si vous êtes en colère et que cela vous amène à dire des choses blessantes pour atteindre l’autre, ou à le frapper. Vous avez le droit d’être en colère, pas celui de faire mal, par les mots ou par les gestes. Dans ce cas, vous dépassez les limites.

 

Si c’est plus fort que vous, vous ne vous contrôlez plus, si vous êtes tout le temps en colère pour un oui pour un non, il est temps de comprendre que votre colère cache autre chose que vous devez évacuer. Vous avez sans doute besoin d’accepter un coup de main pour réaliser ce qui se passe et sortir de cet état de colère explosif et/ou permanent.

 

En dehors de ce cas, la colère se manifeste pour vous faire comprendre que quelque chose ne va pas. Dans le cas d’Anna, la colère est liée à des situations qu’elle estime inacceptables. Au lieu de s’en prendre à ses collègues, elle choisit deux axes. Le premier est de faire du sport pour évacuer le trop plein. Le second axe est de comprendre qu’elle a le droit d’être en colère mais qu’en ne l’évacuant pas elle s’épuise. Si elle s’épuise, elle ne peut pas utiliser l’énergie générée par la colère pour aider les enfants et trouver des solutions. 

 

La colère est votre alliée

La colère est une émotion positive, si vous l'utilisez avec justesse pour sortir d’une situation qui vous fait souffrir. Elle vous permet de préserver votre estime de vous et votre liberté en posant des limites. Servez-vous d’elle de manière juste et elle vous sera bénéfique, choisissez ce que vous faites de votre colère : un frein ou une énergie pour avancer et comprendre

 

Alors fâchez-vous respectueusement ! 



*le prénom a été modifié

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